dimanche 23 septembre 2018

Quartet (film de James Ivory, 1981)



Quartet James Ivory 1981


Marya (Isabelle Adjani), une « chorus girl » sans talent d’origine anglo-créole, a épousé un jeune Polonais, Stephan Zeli (Anthony Higgins) : celui-ci, un marchand d’art (dont on constate rapidement les expédients) est arrêté pour trafic d’œuvres d’art et condamné à un an de prison. A sa sortie, il doit être expulsé hors de France.
Restée seule et sans aucune ressource, Marya est hébergée par un couple d’Anglais richissimes : lui, H. J. Heidler (Alan Bates), a l’habitude de repérer les « jeunes talents ». Elle, Lois (Maggie Smith) est un peintre qui a l’habitude de faire le portraits des jeunes femmes qu’ils prennent sous leurs ailes (dans un style rappelant celui de Marie Laurencin…) Mais cette offre de protection ne va pas sans compensations. Rapidement, Marya se débat dans une toile dont elle a de moins en moins envie de sortir, ses tentatives se soldant toutes par des échecs. Que se passera-t-il à la sortie de Stefan de prison ?

Adaptation du roman semi-autobiographique de Jean Rhys, Postures (1927) renommé ensuite Quatuor, relatant sa liaison avec l’écrivain et éditeur Ford Madox Ford, Quartet est un film (souvent peu apprécié par les internautes actuels, à tort !) de l’équipe James Ivory (réalisation), Ishmael Merchant (production) et Ruth Prawer Jhabvala (script). Sans doute est-ce dû au récit sans concession d’une manipulation et d’une emprise psychologique.

Ce film est pourtant un chef-d’œuvre absolu, couronné d’ailleurs par un prix d’interprétation à Cannes pour une Isabelle Adjani au sommet de son talent. (La même année, elle eut un double prix cannois pour ce rôle de Marya (Mado) et Possession de Zulawski. A noter que Quartet avait également été nominé pour la Palme d’Or...) Mais outre le rôle « principal », les trois autres protagonistes sont époustouflants de justesse et de talent, et le reste de la distribution est au diapason. Pas une seule faute pour ce film subtil, amer, filmé avec habileté dans les restes 1980 du Paris des années 20 (apparemment, trouver des cafés dont le décor était resté d’époque était alors un véritable exploit !)


Pour lire la suite, cliquer en dessous