mercredi 4 janvier 2017

Letter to a Man (Théâtre de la Ville, 2017)



En 1919, juste avant de devenir fou, le danseur et chorégraphe Vaslav Nijinski (1889-1950) écrivit un journal halluciné et hallucinant. Cette prose fascinante, incohérente dans ses glissements de sens, ses associations d'idées et ses coqs à l'âne, est désormais incarnée par le danseur Mikhaïl Baryshnikov, dans un spectacle étonnant de Bob Wilson.

Les invariants de l'art du metteur en scène conviennent admirablement à ces récurrences angoissées, moulinées et malaxées dans des images violemment irradiées de bleu, rouge et blanc, sur lesquelles se décompose l'image du foudroyé en une silhouette qui perd le fil de son discours.

Si certaines images ne sont guère différentes de l'iconographie wilsonnienne et de ses obsessions, elles trouvent ici une justification angoissée et ironique, scandées comme elles le sont par des bribes de discours où anglais, russe et (un peu de) français entament une ronde folle.

Il faut saluer la performance étonnante de Mikhaïl Baryshnikov, visage figé et corps torturé, fluide et cassé, hésitant au bord du précipice où il se fige, nous donnant à voir la lente chute d'un ego. 




mise en scène, décors & conception lumières - Robert Wilson
avec Mikhail Baryshnikov
inspiré de Diary of Vaslav Nijinski
texte - Christian Dumais-Lvowski
dramaturgie - Darryl Pinckney
musique - Hal Willner
costumes - Jacques Reynaud
collaboration aux mouvements & texte parlé - Lucinda Childs
lumières – A.J. Weissbard

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