dimanche 25 septembre 2016

Alice et autres merveilles (Théâtre de la Ville, septembre 2016)


Texte - Fabrice Melquiot
Mise en scène - Emmanuel Demarcy-Mota
Scénographie - Yves Collet
Costumes - Fanny Brouste
Lumières - Yves Collet & Christophe Lemaire
Son - David Lesser
Vidéo - Matthieu Mullot

Suzanne Aubert - Alice
Jauris Casanova -  Le Lori, Le Grand Méchant Loup, Le Valet De Coeur
Valérie Dashwood - La Poupée Barbie, La Chenille, Le Chapelier
Philippe Demarle -  Le Lapin Blanc aux Yeux Rouges, Le Lièvre de Mars
Sandra Faure - L’aiglon, L’archi-Duchesse, La Reine de Cœur
Sarah Karbasnikoff - Le Petit Chaperon Rouge, La Souris, La Cuisinière, Deux
Stéphane Krahenbühl - Pinocchio, Bill Le Lézard, Sept
Gérald Maillet - Le Dodo, Le Chat Du Cheshire, Cinq
Walter N’guyen - Le Canard, Le Bébé, Le Loir, Le Roi De Cœur

Théâtre de la Ville, septembre 2016.


L’eau et les rêves. Enpruntant à Gaston Bachelard, voici comment l’on pourrait rnommer ce spectacle « pour enfants » qui s’inspire des aventures souterraines d’Alice, telles que les imagina Lewis Carroll.

Vagabondant à la suite de la petite héroïne victorienne, Fabrice Melquiot a truffé son texte de références à d’autres contes et héros récurrents de l’imaginaire enfantin : mais si le Petit chaperon rouge conserve l’ambiguïté conférée par l’analyse de Bruno Bettelheim, le Grand Méchant Loup est bien superfétatoire et la Poupée Barbie bien irritante.Qu’importe ! Pinocchio le menteur qui veut être comédien renvoie malicieusement aux préjugés qui entourèrent autrefois cette profession et apporte une mise en abyme qui se mire dans les facéties et détournements de Carroll. En effet, la « Caucus Race » garde toute son absurdité et ses règles renversées, la partie de croquet toute sa cruauté, et la « Mad Tea Party » sa logique presque effrayante ; la chenille, sa philosophie enfumée et le chat du Cheshire, son sinueux sourire. Sans oublier le dadaïsme précurseur du bébé-cochon, dans une scène glaçante.

Se coulant dans les méandres d’un texte qui a su garder toute l’étrangeté de l’original et sa dose d’obscurité, Emmanuel Demarcy-Motta a transporté les errances de son héroïne (la fantastique, fantasque et acidulée Suzanne Aubert) dans le miroitement d’une eau opaque, dont on ne sait si elle provient de la mer des larmes d’Alice ou de sa bouteille renversée.

Saluons l’investissement et l’énergie d’une troupe soudée, qui porte avec fantaisie et énergie cette très jolie soirée. Leur empathie avec l’univers de Carroll, alliée par des costumes ingénieux et  des éclairages poétiques, font tout le sel de cette soirée.


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