lundi 20 janvier 2014

Concert Révélations classiques de l'Adami (Bouffes du Nord, janvier 2014)



Concert Révélations classiques de l'Adami.

Piano - Sélim Mazari
Violon - Solenne Païdassi
Violoncelle- Marion Platéro
Flûte- Mathilde Caldérini
Mezzo-soprano- Héloïse Mas
Ténor - Florian Cafiero
Baryton- Jean-Gabriel Saint Martin
Soprano- Marie-Laure Garnier
Emmanuel Normand - accompagnement des chanteurs au piano.
François Dunoyer - Mise en espace



Nino ROTA : Trio pour flûte, violon et piano, ler mouvement "allegro ma non troppo"
Georges ENESCO : Cantabile et Presto (Mathilde CALDERINI, flûtiste, avec Selim Mazari piano)


Charles GOUNOD : Polyeucte: air de Polyeucte, "Source délicieuse..." (Florian CAFIERO, ténor)

Ambroise THOMAS : Hamlet : air d'Hamlet "O vin dissipe la tristesse.. ." (Jean-Gabriel SAINT-MARTIN, baryton)

Sergueï RACHMANINOV : 3ème mouvement de la Sonate pour violoncelle et piano en sol mineur op. 19 (Marion PLATERO, violoncelliste, avec Selim Mazari au piano.)

Georges Friedrich HAENDEL : Passacaille de la suite no 7 en sol mineur pour clavecin revue par Johann Halvoren pour violon et violoncelle (Marion Platéro avec Solenne Païdassi au violon)


Wolfgang Amadeus MOZART : Le Nozze di Figaro: air du Comte, "Hai già la vinta la causa" (Jean-Gabriel SAINT-MARTIN, baryton)
Giacomo PUCCINI : La Rondine, air de Ruggero, "Parigi è la città dei desideri" (Florian CAFIERO, ténor)
Giacomo PUCCINI : La Bohème : duo Rodolfo - Marcello "O Mimi tu più non torni" (Florian CAFIERO, ténor, avec Gabriel St Martin)
Solenne PAÏDASI, violoniste avec Selim Mazari au piano:
Béla BARTOK : Danses Roumaines
Claude DEBUSSY : Clair de lune


Héloïse MAS, mezzo-soprano
Georges BIZET : Carmen :  "Les tringles des sistres tintaient …"
Gioachino ROSSINI : La Cenerentola : air de Cenerentola "N'acqui all'affanno ... non piu mesta"



Selim MAZARI, pianiste
Félix MENDELSSOHN : Romances sans paroles op. 67 n"2 et n"4 "la fileuse"
Francis POULENC : 3ème Novelette



Mathilde CALDERINI, flûtiste
Claude DEBUSSY : Syrinx pour flûte solo


Marie-Laure GARNIER, soprano
Jules MASSENET : Le Cid: Récitatif et air de Chimène "Pleurez mes yeux ..."
Giacomo PUCCINI : La Bohème: air de Mimi " Si, mi chiamano Mimi …"
Wolfgang Amadeus MOZART : Cosi fan tutte : duo Fiordiligi/ Dorabella "A guarda sorella." avec Héloïse Mas



FINAL INSTRUMENTISTES
Joseph HAYDN : Trio pour violon, violoncelle et piano en sol Majeur all'ongarese (presto)

FINAL CHANTEURS
Wolfgang Amadeus MOZART : Le Nozze di Figaro : Arrangement pour 4 voix : final 4ème acte


Théâtre des Bouffes du Nord, 9 janvier 2014


Le concert annuel de l’Adami est toujours une occasion d’entendre de jeunes interprètes prometteurs, tant instrumentistes que chanteurs. Par le passé, la société a eu la main très heureuse, et elle n’a pas manqué, cette année non plus, de sélectionner de jeunes artistes attachants et pleins de promesses.

En ce qui concerne les instrumentistes, le jeune Sélim Mazari nous a distillé un Mendelsohn intériorisé quoique ludique, qui répondait avec malice au Nino Rota introductif. Le violoncelle de Marion Platéro ne manquait non plus ni d'intériorité ni de lyrisme, et l'adaptation d'Haendel en duo pour cordes mettait en valeur sa complicité et la sonorité fruité du violon de Solenne Païdassi. La flûte au son rond et magnifiquement galbé de Mathilde Caldérini témoigne d’un charme entêtant et d’une déjà belle maturité.

Mais ce sont les artistes lyriques qu'on attendait le plus, avouons-le.
Côté voix masculines, c'est Jean-Gabriel Saint-Martin qui séduit le plus : autorité, présence, jeu scénique qui témoigne d'une grande aisance (il est vrai qu'il a foulé les planches fort jeune à l’Opéra de Paris…), le baryton s'inscrit dans une belle tradition qui nous donna des Maurane et des Nougaro avant de s'illustrer actuellement avec des Degout et Tézier. Noblesse de ligne et de ton, diction impeccable, en un tour de main, il sait camper des personnalités aussi diverses que le Hamlet de Thomas, le Conte Almaviva de Mozart (au récitatif introductif magistral) et le Marcello de Puccini. On ne sait à quelle incarnation donner la préférence, le Hamlet mercurien ou l'aristocrate exaspéré. Gageons qu'on continuera à entendre souvent ce déjà très bel artiste.
Si Florian Cafiero s'empêtre de prime abord dans des stances de Polyeucte assez monochromes et peu intériorisées (le trac ?), mais la voix se libère dans un répertoire qui semble lui être bien plus familier, Puccini. Il trouve finalement sa mesure dans le duo percutant Rodolfo-Marcello.
La mezzo Héloïse Mas témoigne d'une beau tempérament, qu'elle met à profit dans une Carmen joueuse et sensuelle; sa Cenerentola aux crânes vocalises, si elle témoigne d'une grande aisance, se passerait pourtant de mines d'ingénue boudeuse un peu surjouées : volonté  de contraster les deux personnages qui se suivent dans le déroulement du concert ? Il est vrai que l’enchaînement rapide de ces deux univers musicaux antinomiques n’est guère aisé ! On la retrouve dans une superbe Dorabella, dans un duo qui est l'un des sommets vocaux de la soirée.
Marie-Laure Garnier, entourée d'une réputation déjà flatteuse, est la grande révélation de la soirée. C'est un sans-faute absolu, servi par une voix opulente et chaude de soprano lyrique, dont la puissance ne nuit jamais à l’intelligibilité d’un texte énoncé tant avec la puissance d’une tragédienne cornélienne que l’humour requis par la romanesque Fiordiligi ; mené avec une intelligence et une maîtrise éblouissantes. Sa Chimène ferait pleurer des pierres ; sa Mimi est primesautière, par l’allégement habile d’un opulent matériau vocal ; sa Fiordiligi est mutine mais habilement contrastée avec la Dorabella tout aussi charnue d’Héloïse Mas ; le peu qu’on entend de sa Comtesse fait rêver à une prise de rôle intégrale, tant le personnage est présent dès la première mesure. A suivre !
Grâce à une mise en espace ingénieuse, les scènes d’opéra habitent assez habilement l’espace de la scène, jouant de deux portes opposées et de la présence du piano pour créer des atmosphères qui rompent le côté un peu contraignant de l’exercice et s’enchaînent parfois très habilement.


Une très jolie soirée qui donne envie de retrouver rapidement ces jeunes artistes sur les plateaux de théâtres…
Ce texte a été écrit pour ODB-opera.com.

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