vendredi 8 novembre 2013

Aimer Mozart (Editions Hermann, 2006)


La biographie de Niemetschek est-elle l’œuvre d’un biographe mythomane ?

C’est avec ce titre assez passe-partout et sous une couverture qui met bizarrement peu en évidence l’auteur principal de cet ouvrage, que le mélomane mozartien pouvait découvrir une (nouvelle ?) traduction d’un des texte-source essentiels du corpus mozartien. Cette parution est l’une des initiatives éditoriales les plus intéressantes de l’année Mozart 2006.

En effet, cette première biographie de Mozart, publiée originellement en 1798 en allemand, est la seule qui est l’œuvre d’un témoin oculaire (supposé) qui aurait été en relation directe avec le compositeur. (On peut en effet mettre de côté la biographie parue en 1828, dite de Nissen, mais que ce dernier ne put achever avant son décès et qui est largement l’œuvre du douteux Dr Johann Henrich Feuerstein.)

Bien que cette biographie manque singulièrement des détails qu’on serait en droit d’attendre de la part de quelqu’un qui avait connu Mozart dans les dernières années, elle fut reçue avec enthousiasme par Otto Jahn dès 1856, qui considérait que la relation de l’auteur rendait cette relation « fiable et vraie » En 1869, Constant von Wurzbach mit son grain de sel, en ajoutant que «  Niemetschek avait connu personnellement et soutenu Mozart. »

Si l’on a donc affirmé que cette Lebensbeschreibung des K. K. Kapellmeisters Wolfgang Amadeus Mozart est une source importante, car de première main, Niemetschek étant dans l’intimité des Mozart, cette assertion est maintenant battue en brèche par un article passionnant et argumenté de Walther Brauneis, « Franz Xaver Niemetschek: Sein Umgang mit Mozart – Eine Legende ? », présenté en 1991. (Il fait l’objet d’une traduction en ligne sur l’excellent site anglophone de Bruce Cooper Clarke, Apropos Mozart.) L’analyse de W Brauneis a fourni une bonne partie de l’argumentaire critique qui suit.

Le doute raisonné sur les relations de Mozart et de Niemetschek ne date pas d’hier puisque, dès 1798, Friedrich Rochlitz (auteur des Anecdotes sur Mozart, souvent de provenances assez douteuses) écrivit dans un compte-rendu de la biographie sur l’auteur, que celui-ci « ... bien sûr n’avait pas apparemment pas connu Mozart. » Ce dernier se défendit mollement en écrivant « .. mais je suis obligé de dire que j’ai été effectivement associé à Mozart, mais pas très longtemps, pour être précis, durant sa dernière visite à Prague. »

Des chercheurs se penchèrent enfin sur cette question cruciale pour la crédibilité du texte, et Tomislav Volek en 1966 parvint à la conclusion que Niemetschek n’avait eu aucun contact personnel avec Mozart… Ce dernier, à la fin de la biographie publiée en 1798 précisait pourtant que ses deux sources principales étaient son « expérience personnelle » et son « contact avec la famille de Mozart ».

Où et quand Niemetschek aurait-il pu rencontrer Mozart ?

La réponse est apportée par Niemetschek lui-même, dans un essai biographique commencé en 1828, après la mort de son épouse, et qui visait à présenter un historique de leurs 30 ans de mariage. Le texte est incomplet (lacunes du manuscrit, partiellement rédigé), mais comporte des indications intéressantes.

Franz Xaver Niemetschek (Niemeczek, Nĕmeček), né le 24 juillet 1766 à Sadskà en Bohème, étudia la philosophie à Prague. Il brigua un poste d’enseignant à Komotau et à Pilsen, puis partit en poste à Pilsen dès le 26 août 1787.

La première visite de Mozart à Prague date de janvier 1787. Il y retourne aussi à l’automne. En 1789, en route pour Dresde et Berlin, il s’y arrête brièvement. Il y retourne pour la dernière fois en 1791.

Or pendant tous ces séjours de Mozart, Niemetschek ne vivait pas à Prague… Il était soit à Pilsen (où son nom apparaît sur la liste des professeurs de 1788 à 1793), soit à Komotau... A l’automne 1793, il revint enfin à Prague, où il enseigna au Kleinsetner Gymnasium. Il rencontra à ce moment là Theresia Schnell (née en 1765), dont il s’éprit.

Un des hauts lieux de la vie mondaine musicale praguoise était le salon tenu par les Duschek : Franz Xaver, éminent pianiste, compositeur et professeur, et Josepha/ine , de 21 ans plus jeune que son mari, éminente cantatrice, étaient des amis de longue date de Mozart.  Niemetschek parle longuement de ce salon dans lequel toutes les personnalités musicales étaient introduites.

Theresia Schnell y avait ses entrées de 1790-1796…. en tant que… modiste !

Comme le relate Niemetschek : « Dans les années 1790-1796, elle était l’une des modistes les plus courues.Frau Duschek savait comment utiliser son talent et sa diligence. Ici, Theresa fit la connaissance de personnes très diverses. Elle était confrontée avec de nombreuses personnes qui excellaient dans leur art, mais aussi avec de nombreuses qui manquaient de caractère et de morale. On ne peut pas nier que l’étendue de ses idées fut élargie, son sens du beau affuté et raffiné, et sa compréhension de la nature humaine approfondie : mais elle fut aussi exposée au danger d’être contaminée par ces idées légères envers tout ce qui est sacré, comme c’était la mode du temps, et le style des cercles avancés. Heureusement pour elle, et pour moi aussi, son esprit enfantin, son humilité féminine et sa pudeur, résultat de l’éducation pieuse d’une mère- la protégèrent de cette vie frivole. […] Elle est sortie indemne de l’école de Mme Duschek ! De plus, elle me dit que quoi que Mme Duschek la traitait toujours directement, elle ne fit jamais rien, ni ne l’incita jamais à faire quoi que ce soit d’incorrect. Bien sûr, ceci est limité à ses relations avec les hommes, car en ce qui concerne la religion, l’immortalité de l’âme etc… Frau Duschek ou quelqu’un d’autre semble avoir semé des doutes et d’étranges idées dans son esprit, témoins les questions qu’elle me posait. »

Les assertions vertueuses de Niemetschek corroborent la réputation libre penseuse de ce salon et la liaison adultérine supposée de Josepha Duschek avec le comte Clam-Galas.

Teresia y aurait aussi rencontré Mozart : « Chez Madame Duschek, elle fit aussi la connaissance de Mozart (en 1787 et 1790 (sic) quand il composa Don Giovanni et La Clemenza) ; il était très aimable avec elle, et le soir il voulait toujours la raccompagner chez elle de chez les Duschek, et il passait toujours du temps à bavarder avec sa vieille mère. »

A aucun endroit de ce compte rendu, Niemetschek ne précise qu’il a rencontré Mozart, eut une conversation avec lui, ne retrace une conversation précise… Pas un seul commentaire de la bouche de Mozart ne nous est parvenu par les Niemetschek. C’est pour le moins un sujet d’interrogation…

On peut donc en conclure que l’expérience personnelle de Niemetschek avec Mozart ne s’applique pas à sa relation humaine avec le compositeur, mais à une capacité intellectuelle à analyser sa musique. Si Niemetschek était uniquement pédagogue, il venait néanmoins d’une famille de musiciens ; son père et son frère tinrent lieu de cantors et d’organistes dans leur village natal, et il fit donner une éducation musicale soignée à ses propres enfants.

Dans ces conditions, par quel biais se retrouva-t-il tuteur pour un temps des enfants Mozart ?

En février 1794, Constanze Mozart lui confia Carl Thomas (9 ans), alors qu’elle se produisait en Europe pour publiciser la musique de son mari.

Cette démarche fut sans doute faite auprès du chanoine Franz Xaver Noe, un ami de Mozart. Le Nécrologe du compositeur rédigé par Schlichtegroll précise que « Après la mort de Mozart, il resta ami et conseiller de sa veuve et de son fils ainé, ce dernier étant pris en charge et élevé pendant plusieurs années par le Pr. Niemetschek, par enthousiasme pour le talent du père, mais aussi pour rendre service à Noe. »

On sait peu de chose sur Noe : ce docteur en philosophie, professeur de littérature au Kleinsetner Gymnasium servit sans doute d’intermédiaire entre Niemetschek et Constanze. Niemetschek précise en 1799 qu’il avait « entendu énormément sur Mozart par un de ses proches amis, qui était également un de mes amis et professeurs, Franz Noe… »

Carl Thomas resta chez Niemetschek jusqu’en 1797. Süssmayer accompagna Constanze : il venait faire représenter deux de ses opéras à Prague, et fit donner une cantate sur un texte de Niemetschek. Cependant, le lien amical entre les deux hommes ne perdura pas : fin 1794, Niemetschek se répandait dans les journaux sur Süssmayer, disant qu'il parlait de son cher maître Mozart et le plagiait à qui mieux mieux.

En novembre 1795, Constanze amena Franz-Xaver Mozart (4 ans) à Prague : il résida avec Theresia Schnell pendant 6 mois. Sa mère le récupéra à la fin de sa tournée de concerts. Six mois après, Franz-Xaver était inscrit dans une école de Vienne.

Etant donné que Niemetschek n’était pas marié, comment se fait-il que Constanze ait confié son jeune fils à un célibataire et sa bonne amie ?

Il vivait dans un appartement de l’hôtel particulier Liechenstein Haus, maison dans laquelle résidaient également les Duschek pour leurs quartiers d’hiver, ce dont se souvient Carl Thomas qui allait de l’un à l’autre : logement et instructions chez Niemetschek, leçons de piano et nourriture chez les Duschek. Carl Thomas passait ses vacances chez le père de Niemetschek.

Il faut sans doute voir dans cet arrangement l’œuvre du Baron van Swieten, comme tend à le prouver diverses indications de l’époque. Bien qu’il ne fut pas le tuteur officiel des enfants, il est indiqué à de nombreuses reprises dans les journaux de 1791, que Van Swieten servit de « parrain  » aux orphelins. Dans l’édition de 1798 (passage ôté en 1808), Niemetschek précise que « Cet excellent gentilhomme, au-delà de tout remerciement, resta un vrai ami de Mozart et servit de père aux orphelins abandonnés. »

Le 25 août 1796, le chanoine Noe mourut : Theresia et Niemetschek furent alors libres de vivre leur relation au grand jour. Il ressort de l’historique de Niemetschek qu’il se sentait contraint par l’autoritarisme de son mentor.

En 1797, parution supposée de la première version de la biographie de Mozart.

En novembre 1797, Constanze vint récupérer Carl Thomas. Elle donne un concert à bénéfice à Prague.

Le 10 janvier 1798, Theresia épousa enfin Niemetschek. Leur fille Theresia naquit le 26 mai 1799, leur fils Franz Xaver, le 2 janvier 1802.

Le 20 janvier 1800, il obtint son doctorat de philosophie. Il devint professeur de philosophie pratique et théorique à l’Université de Prague.

Vers 1820, il accepta un poste à Vienne, et y déménagea. Sa femme mourut en janvier 1828. Niemetschek mourut à Vienne le 19 mars 1849 et fut enterré au cimetière St Marx.

Le Lebensbeschreibung des K. K. Kapellmeisters Wolfgang Amadeus Mozart est la première biographie importante de Mozart, suivant de peu le nécrologue de Schlitegroll, publié à Prague en 1794.

On affirme traditionnellement qu’il y eut une première parution de cet ouvrage en 1797 à Prague, d’abord anonyme, sous le nom de Mozarts Biographie in Musikalisher Hindsicht von N* (Biographie de Mozart, d’un point de vue musical, de N*) : en fait, aucun exemplaire de cet opuscule ne nous est parvenu. Brauneis soupçonne que Constanze Mozart d’avoir fait acheter tous les exemplaires (comme elle tâcha de le faire pour le Nécrologe de Schlichtegroll pour éradiquer cette version) pour les détruire, ou encore d’avoir empêché une impression, persuadant Niemetschek de publier une version plus conforme à la vérité qu’elle souhaitait faire circuler.

Quoi qu’il en soit, une version fut imprimée en 1798 à Prague, chez Johann Herrl, sous le titre Lebensbeschreibung des K. K. Kapellmeisters Wolfgang Amadeus Mozart, nach Originalquellen bechrieben (La vie du Maître de chapelle impérial et royal Wolfgang Gottlieb Mozart, selon les sources originales.) et attribuée à Niemtschek (sic) .

Il est intéressant de noter que cette biographie « autorisée » par Constanze Mozart, laquelle fournit à l’auteur diverses lettres et documents, est concomitante aux échanges épistolaires (parfois virulents) entre la veuve Mozart et Gottfried Christoph Härtel, au sujet de la publication du Requiem...

L’histoire de cette publication est longue et compliquée et n’entre pas ici en ligne de compte, sauf pour souligner que, dans cette bataille acharnée touchant au droit d’auteur et au droit moral (encore incertain, en ce qui concernait l’éditeur, entre le mystérieux commanditaire, alors anonyme et les ayant-droits, Mme Mozart et ses fils) entre la maison d’édition décidée à donner le moins possible à la veuve et cette dernière, prête à tout pour faire reconnaître le droit moral imprescriptible de son mari, tous les coups étaient permis. Les subterfuges et arguments biaisés sur la forme –mais justifiés dans le fond- de Constanze allait d’ailleurs lui mettre à dos une bonne partie de l’historiographie mozartienne.

Brauneis avance que Constanze utilisa avec intelligence le travail du biographe : elle se serait servi de son intermédiaire pour donner sa version de la commande du Requiem, à un moment où cette version officielle lui était utile : en effet, ce passage se retrouve quasiment dans les mêmes termes dans la biographie de Nissen.

De même, sa correspondance avec Bretkopf & Härtel, dans laquelle elle martèle qu’une édition complète de Mozart ne peut se faire sans son concours et son approbation, mentionne également qu’il est inutile de penser à publier une biographie de Mozart puisque celle de Niemetschek existait et qu’elle avait communiqué les éléments désirables au Bohémien. La veuve Mozart n’avait sans doute pas envie de voir en circulation une autre biographie sur laquelle elle n’aurait eu aucun moyen de contrôle.

Niemetschek utilisa la documentation issue de la famille Mozart avec une certaine circonspection, car il indiqua par la suite à Bretkopf & Härtel, dans une lettre datée du 21 mars 1800 « Je n’ai pas pu utiliser tout ce que Madame Mozart m’a communiqué, d’une part parce que ces personnes sont encore en vie, mais aussi parce que je ne crois pas tout ce que Madame Mozart m’a dit ou montré. » (Ce qui est, somme toute, assez amusant, quand on pense que sa relation directe avec Mozart est sans doute fictive !) Il est plus probable qu’il se rendit compte par la suite qu’il avait été manipulé par Constanze, en tant que pion pour contrer les manœuvres souvent frauduleuses des éditeurs et qu’il en conçut une certaine amertume ainsi qu'un doute généralisé sur la fiabilité des informations communiquées.

Parallèlement, Niemetschek servit d’intermédiaire à Constanze : il est en effet indiqué comme personne à contacter dans une annonce de mai 1799 demandant aux personnes possédant des inédits de Mozart de bien vouloir se faire connaître. Deux divertissements pour vent furent récupérés par ce biais et inclus dans l’édition en cours.
Il contribua également à la publication de l’Oeuvre complette (sic) de Mozart par la firme Bretkopf & Härtel.

Constanze continua d’avoir des relations amicales avec la famille Niemetschek : elle passa trois jours chez eux en novembre 1810 pour leur présenter son second mari, alors qu’elle faisait route vers Copenhague. (Comme indiqué dans une lettre à Carl Thomas, du 13 novembre 1810, donnée en extrait uniquement dans la Correspondance éditée par G Geffray.) Ses fils restèrent eux aussi en relations avec les enfants Niemetschek. La boucle de cheveux de Mozart ainsi que le médaillon en cire, anciennement conservés au Musée Bertramka, appartenaient à la famille.

L’introduction du traducteur Constant Motel, précise un peu le cadre de l’exercice de la traduction : il a choisi la seconde édition, celle de 1808, qui diffère assez peu, selon lui, de la première, et est plus complète.  Malheureusement, le texte semble avoir été arrangé car « nous avons simplifié diverses tournures et adapté le texte de Niemetschek à l’usage actuel de la langue française. Sinon il paraîtrait trop amphigourique et lourd. Tel est, entre autres, le cas du billet adressé à la veuve de Mozart par le secrétaire particulier du roi Frédéric Guillaume II de Prusse. Son style ampoulé évoquera le pastiche réalisé par Hugo von Hofmannstall – pour le livret d’Ariane auf Naxos- de la langue pompeuse alors en usage dans les cours de Munich, de Weimar, de Dresde ou de Vienne. » (pp. 24-25) Si l’on peut comprendre ce choix pour une édition qui ne se veut pas savante, il est pourtant déplorable, car il prive d’une partie de la saveur du texte, ancré dans son contexte d’élaboration.

Si on ne peut plus considérer ce texte comme le témoignage d’un proche de Mozart, il est cependant précieux pour le plaisir d’une lecture naïve par endroit et qui témoigne admirablement de la confection du mythe : les éléments principaux sont en cours d’élaboration ; l’approche pré-romantique est déjà quasiment là.


L’ouvrage est complété par d’excellents articles 

« Mozart à New York » d'Otto Biba [« Da Ponte in New York, Mozart in New York » paru dans Current Musicology, No. 81], est une passionnante rétrospective de la diffusion de la musique de Mozart dans les grandes villes américaines, plus particulièrement New York et Philadelphie. Cette diffusion commença de son vivant, par le biais de l’édition de certaines de ces œuvres.

On prétend généralement que Da Ponte, lors de sa retraite new-yorkaise joua un rôle non négligeable dans la découverte de Mozart par le biais du fameux Don Giovanni monté par la troupe Garcia en 1825. Cependant, un Marriage of Figaro fut monté en 1823… ce que Da Ponte se garde bien de dire ! Et il est désormais prouvé que Da Ponte n’assista sans doute même pas aux représentations de Don Giovanni des Garcia ! On ne peut même pas le mettre en relation avec les concerts Mozart donné au Collumbia College de New York où il était professeur d’italien… Décidément, les mensonges autobiographiques ne sont plus ce qu’ils étaient !

Dans « Mozart sans pédale », une remarquable étude de Paul Badura-Skoda (initialement parue dans The Galpin Society Journal, Vol. 55, (Apr., 2002), pp. 332-350 « Mozart without the Pedal? ») portant sur l'interprétation actuelle des œuvres de clavier de Mozart sur pianoforte, la question se pose de l’utilisation des fameuses genouillères qui ont été ajoutées au pianoforte Walter de Mozart. Badura-Skoda qui s’est déjà expliqué sur cette particularité organique de ce pianoforte dans son ouvrage L'art de jouer Mozart au piano (Buchet Chastel, 1994), répond ici à une série d’articles de Michael Latcham parus dans Early Music qui mettait en doute l’utilisation par Mozart des dites genouillères. La démonstration est brillante et retrace une partie de l’historique de l’instrument et son interprétation.
(Pour retracer les différents points de vue qui se confrontent, on pourra lire avec profit :


Richard Maunder, Eva Badura-Skoda, « Mozart's Walter Fortepiano » dans Early Music, Vol. 28, No. 4, Music in Georgian Britain (Nov., 2000), pp. 685-686.

Richard Maunder, David Rowland « Mozart's Pedal Piano » dans Early Music, Vol. 23, No. 2 (May, 1995), pp. 287-296.

Richard Maunder, « Mozart's Keyboard Instruments » dans Early Music, Vol. 20, No. 2, Performing Mozart's Music III (May, 1992), pp. 207 sq.)

Dans les deux derniers articles, Jacques Chailley traite du mépris de certains salons à l'égard de Mozart et Richard Wagner décrit avec humour une représentation de Don Giovanni à Paris (il n’a rien à envier à la verve critique berliozienne !)

Un ouvrage dépassant l’ordinaire des rééditions-rétrospectives, et qui me parait éclairer de façon chamarrée les différents aspects de l’historiographie mozartienne.

Pour les deux articles de Biba et Badura-Skoda, un must.

Aimer Mozart. Description de la vie du maître de chapelle impérial et royal Wolfgang Amadeus Mozart, de Franz-Xaver Niemetschek. (Traduction de Constant Morel. Préface de Paul Badura-Skoda.) Paris : Hermann, 2006. (156 pp.)

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