lundi 15 octobre 2012

Concert-Florilège pour les 25 ans de la Simphonie du Marais (octobre 2012)

La Simphonie dans le Marais…

La Simphonie du Marais
Hugo Reyne, flûtes et direction
Josepha Balic Zunic, François Costa, Stephan Dudermel, Emmanuelle Barré – violons
Tiphaine Coquempot – violon et alto
Jean-Luc Thonnérieux – alto
Annabelle Luis, Jérôme Vidalier – violoncelles
Régis Prudhomme – contrebasse
Yannick Varlet – clavecin
Alexandre Salles, basson
Olivier Clémence - hautbois

Stéphanie Revidat – soprano
Guillemette Laurens – mezzo-soprano
Aimery Lefèvre – basse

Concert Florilège

Michel-Richard Delalande : 2e Fantaisie ou Caprice que le Roy demandait souvent
(Les Symphonies pour les soupers du Roy – 4 CD Harmonia Mundi, 1990)

François Francoeur : Symphonies pour le festin royal du Duc d’Artois : Ouverture de Scanderberg
(réédition Festive and Ceremonials Music for Versailles – 2 CD Virgin, 2011)

Michel Lambert : Air « Tout l’Univers obéit à l’Amour »
(Jean de la Fontaine, un portrait musical – CD Virgin, 1996)

Jean-Baptiste Lully : L’Idylle sur la Paix : Ouverture et Chœur introductif « Un plein repos favorise nos voeux »
(CD Collection Lully, vol I – CD Accord/Universal, 2002)

Jean-Baptiste Lully : Le Bourgeois Gentilhomme : extrait de la Cérémonie Turque
(CD Collection Lully, vol IV – CD Accord/Universal, 2002)

Jean-Baptiste Lully : Le Triomphe de l’Amour : Prélude et récit de Jupiter : « Triomphez Amour »
(CD Collection Lully, vol V – CD Accord/Universal, 2003)

Georg-Friedric Haendel : Rinaldo : Aria d’Almirena : « Augelletti che cantate »
(Extrait du programme « Les Oiseaux », créé en 2005 à la Cdthèque de Montaigu)

Jean-Philippe Rameau – La Naissance d’Osiris : Descente de Jupiter
Récit « Qu’il est doux de régner dans une paix profonde » et Air « Il est né ce héros »
(CD La Naissance d’Osiris – Collection Rameau, vol I – Musiques à la Chabotterie, 2006)

Jean-Philippe Rameau – Concerts mis en simphonie : Quatrième Concert, La Rameau
(CD Rameau : Concert mis en simphonie - Collection Rameau, vol II – Musiques à la Chabotterie, 2009)

Jean-Féry Rebel – Ulysse
Récit d’Ulysse « Quel éclat imprévu ? » et Air « Qu’il m’est doux », Air de Circé « Que votre cœur », Air d’Ulysse « Je suis le penchant », Air de Circé « Que cet aveu », Duo « L’amour nous réunit »
(CD Rebel : Ulysse, tragédie en musique - Musiques à la Chabotterie, 2007)

Jean-Baptiste Lully : Atys : Ouverture
(CD Musiques à la Chabotterie, 2010)

Antonio Vivaldi – La Tempesta di Mare (opus X n° 1)
(CD Six concertos pour flûtes – CD à paraître au printemps 2013)

Marc-Antoine Charpentier – Le Sicilien : Air « Voulez-vous, beauté bizarre »
(CD Musiques pour les comédies de Molières - Musiques à la Chabotterie, 2012)

Jean-Philippe Rameau – Naïs, opéra pour la Paix : 1er et 2nd Tambourins pour les divinités de la mer
(Naïs, opéra pour la Paix (collection Rameau, vol III) – disponible au téléchargement à partir du 23 novembre 2012 sur www.qobuz.com )

Jean-Sébastien Bach : Concerto brandebourgeois n° 5 : Allegro

Jean-Philippe Rameau – Les Indes Galantes : Danse du grand calumet de la Paix (Les Sauvages)

Auditorium du Musée d’art et d’histoire du Judaïsme, Hôtel Saint-Aignan - 7 octobre 2012






« Aimez, aimez, tout le reste n’est rien… » (La Fontaine)

De la lumière (avec le très beau psaume hébraïque introductif évoquant Hanukah, la Fête des Lumières, chanté par Guillemette Laurens), de la musique de table qui titille les papilles (avec De Lalande), un peu de nostalgie de l’enfance (avec un petit air de flûte à bec dans une ancienne méthode d’apprentissage, l’air de Zerlina, pour ne pas le nommer…), du bonheur jubilant pour célébrer la Paix (avec Lully et Rameau, en un élan conjoint), de la gaité dansante avec ces ensauvagés si familiers (Mamamouchis aux mélismes orientaux et sauvages fumant le calumet, tous ensemble mêlés), de l’amour contrarié (avec une beauté « bizarre » et un voyageur grec au long court), des éclats jupitériens (redoublés, on n’est pas le souverain des dieux pour rien, que diantre !), des oiseaux en pagaille (qui pépient avec ivresse du Haendel, ou qui sifflent dans les gradins de l’auditorium sous l’impulsion d’une « serinette » joueuse, pour ne rien dire de la volière dissimulée dans les poches des musiciens), du Bizet (avec une Carmen entrée là en contrebande, ce qui n’a rien de plus normal pour elle), des bouffées des quatre éléments (le Feu des interprète, les ondes présentes dans la mer vivaldienne et le ruissellement de Bach, l’Air des flûtes du grand démiurge du concert, la terreau fertile dans lequel s’enracine le malheureux Atys)… Voici ce qui nous fut offert pour ce 25e anniversaire bigarré, festif et interactif. Le tout, sous les auspices de la fantaisie et des caprices ludiques de l’âme de la Simphonie du Marais, Hugo Reyne, qui demeure un adhérent résolu de l’ACCG (Association Contre les Concerts Guindés).





Ce fut bien un concert, sans doute, mais un concert florilège, une occasion de baguenauder à travers diverses étapes discographiques des chemins traversiers empruntés depuis 1987 par la Symphonie du Marais, entrainée par l’enthousiasme, la ferveur et l’intégrité de son fondateur. Ce dernier avait revêtu ses habits de Monsieur Loyal en plus de saisir ses flûtes, et nous gratifia, avec son humour coutumier, d’anecdotes sur le parcours de son ensemble et d’introductions aux différents morceaux présentés. Deux heures et quart d’émotions musicales, de rires et de chaleur partagée.
La formation chambriste exposait et découvrait l’essence d’airs que l’on pensait bien connaître ; la beauté des timbres de l’ensemble (cordes savoureuses et sensuelles, basson et hautbois qui rivalisent de couleurs automnales, flûtes déliées et lumineuses) leur conférait une nouvelle proximité, dans une intimité dévoilée par cette écriture mise à nu. A l’inverse, la mise en symphonie de La Rameau se chargeait de nuances en un arc-en-ciel tendu entre l’orchestre et le public, arche intangible entre son écriture initiale pour le clavecin et le monde de l’opéra.





Guillemette Laurens, prêtait son élégance altière et sa dignité blessée à une Circé aux enchantements insidieux et à une Carmen venimeuse (car « L’amour est un oiseau rebelle », voyons !), tandis qu’Aimery Lefèvre incarnait avec la même fougue et un sourire en coin les mortels et les dieux, soupirant désabusé (Charpentier) ou Jupiter impérial. Stéphanie Revidat, Almirena éperdue, exhala sa supplication, portée par les trilles de ses compagnons ailés, et soutint avec élan la prière, « Aimez, aimez, tout le reste n’est rien… ».






Le public ne fut pas en reste, auditeur et acteur-chanteur. Une paire de cymbales « de janissaire » (sic) était confiée à « la dame qui chantait Mozart » (avec la flûte) et des grelots tendus à son voisin, ponctuaient la Marche turque. Presque toute l’assistance tenta d’apprendre l’air égrené par la serinette que maniait Hugo Reyne avec jubilation ; las, pour la théorie de l’évolution des espèces, force est de constater qu’un amphithéâtre empli d’homo sapiens sapiens est moins avancé qu’une alouette des bois mise en cage au XVIIIe siècle… Et toute l’assistance scanda avec enthousiasme la danse ramiste des Sauvages. Pour paraphraser Racine, « Chantons, chantons la Simphonie du Marais qui nous rend tous heureux… »

 
Photographies © Accent Tonique
NB : Rappelons le dossier – interview d’Hugo Reyne réalisé à l’occasion de sa résurrection de l’Ulysse de Rebel, paru sur ODB-opéra...

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